Villa moderne blanche à Punta Cana, allée dallée et jeunes palmiers plantés devant l'entrée
Punta Cana en décembre : ma villa, que j'ai suivie du gros oeuvre jusqu'à la clé.

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Vivre en République dominicaine : le vrai bilan

Je suis arrivé en 2019 avec un billet aller simple. J'y ai vécu, j'en suis parti, et j'y suis revenu. Voilà ce que j'aurais voulu lire avant de faire mes valises, avantages et inconvénients compris.

Enzo Honoré
Enzo HonoréInstallé en République dominicaine depuis 2019

Pourquoi je suis venu, la vraie raison

On me prête souvent de belles raisons : la fiscalité, la stratégie, le marché. La vérité est plus simple. J'ai rencontré une Dominicaine.

À l'époque je vivais à Bangkok, j'avais quitté le RER parisien en 2016 pour développer mon activité en ligne depuis l'Asie. Elle est venue vivre avec moi quelque temps, puis elle a eu envie de rentrer chez elle. J'ai pris un aller simple et j'ai tout lâché en Asie pour tenter les Caraïbes.

Je le dis parce que c'est important pour la suite : je ne suis pas arrivé ici avec un plan d'investissement. Le plan est venu après, et une partie de mes erreurs vient exactement de là.

Le guide que j'aurais voulu lire avant d'arriver

Le budget réel d'une installation, les quartiers à connaître, les frais qu'on découvre trop tard, et les vérifications avant de signer quoi que ce soit.

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Ce qui rend la vie facile ici

Le climat, sans la saison des pluies asiatique

Il fait chaud, il fait bon, on vit en short et en t-shirt toute l'année. Et contrairement à la Thaïlande, il n'y a pas de saison des pluies qui mange la moitié de l'année. En revanche on est dans les Caraïbes : à partir d'octobre et novembre, il peut tomber des trombes, et la saison des ouragans existe. Ce n'est pas six mois de gris, c'est quelques épisodes violents.

Des paysages beaucoup plus variés qu'on ne l'imagine

C'est ce qui m'a le plus surpris. On vient pour les plages, et il y en a encore d'entièrement désertes. Mais le nord du pays ressemble à la Suisse : de la montagne, de la fraîcheur, des chalets en bois, un pull le soir. Après six ans, c'est ce contraste qui m'étonne encore.

Villa en construction à Punta Cana, échafaudage contre la façade blanche et gravats au sol
Octobre : le gros oeuvre.
La même villa terminée, avec son bardage bois vertical à l'entrée
Décembre : les clés.

La proximité avec les deux Amériques

On croit être au bout du monde, on est à une heure et demie de Miami. Saint-Domingue et Punta Cana ont chacune un aéroport international. J'ai déjà fait des allers-retours Bruxelles-Punta Cana à 400 euros. En revanche, les vols vers l'Amérique latine ne sont pas donnés : comptez plutôt 400 à 500 euros par personne et par voyage, on est loin des tarifs asiatiques.

Ce que ça coûte, avec de vrais chiffres

C'est là que la plupart des articles se trompent, parce qu'ils mélangent deux vies différentes. Vivre comme un local ne coûte presque rien. Vivre avec un confort européen coûte le prix d'une grande ville française.

1 000 $ par mois pour mon premier appartement, deux chambres, dans un quartier sécurisé de Saint-Domingue Constaté à mon arrivée. Résidence récente, vigile en bas. Ce n'est pas donné, et c'est le prix du confort.
  • Manger dehors : 10 euros suffisent largement pour un vrai repas. Mais dès qu'on monte en gamme, on retrouve très vite les prix européens.
  • Le salaire minimum local tourne autour de 200 à 300 dollars. C'est ce qui explique le reste : c'est une société de service, où une femme de ménage ou quelqu'un qui cuisine reste accessible.
  • Le piège : vouloir un service à l'européenne. Appartement récent, quartier fermé, restaurants occidentaux. Le coût de la vie remonte alors très vite, et beaucoup de gens se font piéger par ce calcul.
« Le coût de la vie n'est pas bas ou élevé. Il dépend entièrement du niveau de confort que vous refusez d'abandonner. » C'est la phrase que je répète le plus souvent à ceux qui m'écrivent.

Punta Cana n'est pas Bavaro, et ça change tout

C'est la confusion la plus fréquente, et elle coûte cher à l'achat.

Punta Cana est une ville privée. Elle appartient à des investisseurs. Il y a une police privée, des écoles privées, tout y est privé. C'est plus petit, plus résidentiel, ce sont surtout des gens qui vivent là à l'année. Moi j'habitais Punta Cana Village, une résidence fermée à l'intérieur de cette ville privée.

Bavaro, c'est la partie touristique, la grande barre d'hôtels. Quand quelqu'un vous dit qu'il est allé à Punta Cana, il est allé à Bavaro dans la majorité des cas. Les deux sont à un quart d'heure l'un de l'autre. Le mètre carré y est moins cher, et Bavaro profite largement du nom de Punta Cana dans sa communication.

Si vous achetez, cette distinction est la première à comprendre. Je la détaille quartier par quartier dans le comparatif des six quartiers.

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Ce que personne ne dit

Les relations ne se construisent pas comme ailleurs

C'est mon plus gros regret et je ne m'y attendais pas. Je n'ai pas réussi à construire d'amitiés longues à Punta Cana. Les gens passent : ils viennent, ils restent deux ou trois ans, ils repartent. J'ai l'habitude de me faire une bande et de vivre des choses avec elle. Ici, ça ne s'est pas fait. Ma femme dirait que je n'ai pas assez essayé, et elle a peut-être raison, j'ai beaucoup travaillé. Mais d'autres expatriés m'ont fait exactement le même retour.

Jardiniers plantant le gazon devant une villa neuve à Punta Cana, brouette et palmiers
Une société de service : ici, faire faire reste accessible. C'est un des vrais avantages du pays, et ça se voit sur tous les chantiers.

Le trafic de Saint-Domingue

Impossible de passer à côté. Pour un rendez-vous le matin, il faut partir trois heures avant. Un trajet d'un quart d'heure peut en prendre quarante-cinq. Et contrairement à Bangkok, il n'existe pas d'alternative sûre : les mototaxis existent, mais ce n'est pas sécurisé.

L'insécurité est réelle, et elle se gère

Je ne vais pas faire semblant. On ne sort pas son téléphone n'importe où en public. On ne monte pas sur le mototaxi du premier venu. On choisit son quartier, et beaucoup de gens vivent en résidence sécurisée et se déplacent en voiture.

Le paradoxe, c'est que les gens sont d'une gentillesse rare. En panne sur l'autoroute, des inconnus s'arrêtent pour aider. Les deux choses coexistent, et c'est difficile à expliquer à quelqu'un qui n'est jamais venu.

La bulle

Mes parents sont venus. Leur verdict a été net : « ce n'est pas la vraie vie, tu vis dans une tour d'ivoire ». Ils n'avaient pas tort. Pendant les confinements, le pays fermait à midi et j'étais encore sur la plage à 17 heures. Vivre dans une ville privée à l'intérieur d'une résidence privée, c'est confortable, et c'est un choix qu'il faut faire en connaissance de cause.

Piscine terminée d'une villa à Punta Cana, entourée de végétation tropicale
La contrepartie de la bulle : on vit très bien, et on le sait.

Visa, résidence, passeport

C'est l'un des points les plus souples du pays, et une bonne surprise après l'Asie.

  • Le visa touriste se renouvelle en pratique très simplement. Pendant des années, je payais une amende de 50 à 100 dollars en sortant du territoire selon le dépassement. On sort, on revient trois jours après, personne ne fait d'histoires.
  • Créer une société sur place est accessible, et le visa investisseur avec.
  • Le passeport dominicain est atteignable après quelques années de résidence, pour un coût de procédure d'environ 10 000 dollars, essentiellement des honoraires d'avocat. Ce n'est pas le passeport le plus puissant du monde, mais à ce prix-là, c'est une option rare.
À vérifier avant de vous appuyer dessus. Ce sont mes constats personnels sur la période où j'y étais, pas un conseil juridique. Les règles d'immigration bougent, et elles ne s'appliquent pas pareil selon la nationalité. Je détaille les cas réels dans l'article sur le visa et la résidence.

Pourquoi je suis parti, et pourquoi je suis revenu

Après deux ans, j'ai quitté l'île. C'est une chose qu'on lit rarement chez les gens qui vendent le rêve : j'en suis parti. Le manque de relations durables a beaucoup pesé, et je voulais voir autre chose.

Et je suis revenu. Parce qu'avec le recul, ce que je reprochais à ce pays était en partie ma faute, et parce que ce que j'y avais construit, y compris professionnellement, n'existait nulle part ailleurs. Un aller-retour vaut mille avis. C'est probablement le meilleur conseil que je puisse donner : venez, restez trois mois, et décidez après.

Les questions qu'on me pose le plus

Peut-on bien vivre ici avec un budget européen ?

Oui, à condition de distinguer deux niveaux de vie. Vivre comme un local coûte très peu. Vivre avec un confort européen, en résidence sécurisée et récente, se rapproche des prix d'une grande ville française. Mon premier appartement deux chambres en quartier sécurisé à Saint-Domingue coûtait environ 1 000 dollars par mois.

Punta Cana et Bavaro, est-ce la même chose ?

Non, et la confusion coûte cher à l'achat. Punta Cana est une ville privée, plus petite et résidentielle, avec ses écoles et sa sécurité. Bavaro est la partie touristique avec la barre d'hôtels. Le mètre carré y est moins cher, et Bavaro profite du nom de Punta Cana dans sa communication.

Est-ce dangereux ?

L'insécurité est réelle et se gère par les habitudes plutôt que par la peur. On ne sort pas son téléphone en public dans certaines zones, on évite les mototaxis inconnus, on choisit son quartier. La contrepartie est que les gens sont serviables et s'arrêtent spontanément pour aider.

Le visa est-il compliqué ?

C'est l'un des points les plus souples du pays. Pendant des années j'ai renouvelé un simple visa touriste en payant une amende de 50 à 100 dollars à la sortie du territoire selon le dépassement.

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